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    J9 - Eldgjá

    Sur les parois rouges d'Eldgjá, la mousse reprend ses droits. Je te refais le couplet sur le vert islandais ;-?

    J9 - Eldgjá

    Bien, j'approche de la très fameuse cascade d'Ófaerufoss. On peut y accéder par le bus Landmannalaugar - Skaftafell. Dans un sens comme dans l'autre, il s'arrête une grosse heure pour permettre l'excursion (voir mon premier jour en 2012). Comme le bus n'arrivera pas avant un bon moment, je vais pouvoir profiter du site pour moi tout seul.

    C'est une cascade à deux niveau. Première approche : Ófaerufoss vue du palier intermédiaire :

    J9 - Eldgjá

    En cherchant un peu, je trouve un angle encore plus sympa : l'arc-en-ciel d'Ófaerufoss :

    J9 - Eldgjá

    Bon, je redescends, histoire d'appréhender Ófaerufoss dans sa totalité.

    J9 - Eldgjá

    J'ai encore une bonne demi-heure de solitude, il fait très beau, j'ai envie de tenter un truc... A loilpé ! Je remonte dans le lit de la Norðari-Ófaera pour un point de vue exclusif ! J'ai juste gardé les crocs. J'avance dans le torrent ; l'eau monte jusqu'aux hanches, puis à la taille, et pour finir, jusque sous les bras. Même pas froid. Un vrai gamin... Je décompresse ! Tout ça pour un cliché à vrai dire pas très différent du précédent...

    J9 - Eldgjá

    Prenons un peu de recul, maintenant... Ófaerufoss depuis l'autre côté de la faille...

    J9 - Eldgjá

    Et pour finir... Ófaerufoss en remontant un peu les pentes sud d'Eldgjá.

    J9 - Eldgjá

    Bon, j'arrête la mitraille. Je reprends la descente d'Eldgjá vers le parking. Le bus doit être arrivé. Je croise enfin quelques quidams.

    J9 - Eldgjá

    T'es balaise en anglais ? Voilà l'explication de la formation de la faille... (J'ai failli mettre la version islandaise ;-)

    J9 - Eldgjá

    L'autre panneau d'explication, sur le parking, est aussi très intéressant... En rouge Eldgjá et en violet les coulées de lave qu'elle a provoqué vers l'an 934. En gris, ce sont les laves du Laki, l'autre volcan fissural, bien plus récent (1783-1784). Juste à gauche de la zone appelée Stakafell, le lac Langisjór, dont nous venons de faire le tour ensemble. Je me trompe peut-être, mais il semble être juste à la charnière des épanchements d'Eldgjá et du Laki. Sauf qu'il y a les montagnes Fögrufjöll à caser entre les deux... Mystère...

    J9 - Eldgjá

    Lévi-Strauss dresse un parallèle intéressant entre trois disciplines : la géologie, l'ethnologie et les sciences psychiatriques. Les trois, dit-il, ont pour objet de dépasser le rationnel, pour atteindre "une catégorie plus importante et plus valable, celle du signifiant".

    Ainsi, la géologie (en l’occurrence la volcanologie) donne un sens au paysage. "Tout paysage se présente d'abord comme un immense désordre qui laisse libre de choisir le sens qu'on préfère lui donner." Mais en Islande, peu d'avatars de l'histoire humaine, de l'infrastructure ou de l'agriculture. Le paysage est brut. Pour autant, lui donner un sens reste bien complexe...

    L’ethnographie, quant à elle, donne un sens aux coutumes et relations sociales.

    Les sciences psycho-comportementales, enfin, expliquent que ce sont "les conduites en apparence les plus affectives, les opérations les moins rationnelles, les manifestations déclarées prélogiques, qui sont en même temps les plus signifiantes".

    Tâchons de nous en rappeler et ne jugeons pas au nom de la seule raison. (Et ça vaut lorsque nous nous jugeons nous-même !)

    Voilà. Mon tour - et mes réflexions lévi-straussiennes - s'arrêtent là, tandis que le bus boucle la boucle et me ramène vers Landmannalaugar pour une dernière aventure.

    (Jour précédent) (Jour suivant)

     


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  • 14 heures ; le bus d'Eldgjá me dépose à Landmannalaugar. (Si tu as bien suivi, en fait on est encore en J9.) Je ne rentre sur Reykjavík que demain après-midi. Il y a donc place pour une dernière excursion, d'autant que je n'ai pas du tout envie de camper à Landmannalaugar.

    Mon idée : aller camper au lac Höfthavatn (Höfðavatn) et, demain, soit monter au mont Háalda, soit faire une boucle vers Stórihver (mais je n'ai pas de carte du secteur...).

    Je prends quand même d'abord le temps d'une bonne douche chaude, et c'est reparti à travers la laugahraun (la coulée de lave au-dessus du camping de Landmannalaugar).

    Au fond de la vallée de Vondugil, le Háalda, probablement mon objectif de demain.

    J9-10 - Háalda

    Les incroyables coloris du Landmannalaugar. Sûr que là, il n'y a pas que du vert !

    J9-10 - Háalda

    Petit pèlerinage dans les fumées du vallon au sud de Vondugil, qu'on avait visitées il y a 5 ans.

    J9-10 - Háalda

    Belle marmite d'eau bouillonnante. Je vais essayer de m'en approcher pour un meilleur cliché.

    J9-10 - Háalda

    Et juste à ce moment-là, elle s'arrête de cracher. C'est pas possible, elle m'a vu !?

    J9-10 - Háalda

    Peut-être fonctionne-t-elle comme un mini geyser : il faut le temps qu'elle reconstitue son stock d'eau bouillante et de vapeur.

    Bon, fini de jouer les touristes, je retourne vers le fond de Vondugil. Montée très raide au bord de la cascade.

    J9-10 - Háalda

    Après le raidillon, ça continue à monter, lentement, dans un univers plus brun : je suis sorti de la caldeira.

    Le temps se couvre peu à peu. Il y des grains qui se baladent à droite à gauche. Est-ce que je vais les éviter ? A tout hasard je me mets en configuration pluie : coupe-vent, housse de sac, capote par-dessus tout ça.

    J9-10 - Háalda

    Et d'un coup me voilà sous l'averse. C'est pas de la pluie - pas que. Eau, grêle, neige... En quelques minutes je suis trempé, malgré mes protections. Trempé et surtout gelé, car j'ai gardé un minimum de vêtements pour les conserver au sec dans le sac à dos - je suis quasi bras nus à cause de ma pov' capote à 2 balles de chez D4, trop petite.

    Le Höfðavatn n'est plus très loin. J'y arrive rapidement. Opération beargryllsienne, top départ.

    Poser la capote et le sac à dos. Rassembler une quinzaine de blocs de basalte. Monter les arceaux. Déployer la protection de sol. La virer : en quelques secondes, elle s'est rempli de neige. Déployer la tente sous le vent - elle aussi se couvre de neige - se dépêcher ! Enfoncer les trois sardines amont et les lester. Enfiler les arceaux. Soulever le dôme. Placer et lester le reste des sardines. Je ne sens plus mes doigts : le froid, mais aussi l'abrasion du basalte.

    Je m'assieds dans la tente intérieure, les pieds sous l'abside, le sac à dos entre les pattes. Sec ! Brave tente !

    Ôter les vêtements trempés du haut, en mettre des secs. Gonfler le matelas, étaler le sac de couchage. Ôter les chaussures, les vêtements du bas, en mettre des secs. Me plonger dans le sac de couchage. Me laisser enfin à grelotter.

    Dire que le matin même, je m'amusais volontairement à me baigner dans les eaux glacées de la Norðari-Ofaera...

    Un peu plus tard, réchauffé, alors que l'averse s'est calmée, je sors jeter un œil autour de mon bivouac.

    Ben dis, c'est moins accueillant qu'en 2009 (j'y suis pourtant quasiment jour pour jour). Des névés tout autour du lac. Me baignerai pas dans le Höfðavatn cette année !

    J9-10 - Háalda

    J9-10 - Háalda

    Matin du J10. La pluie a fini par cesser ; tant mieux car je n'ai plus de vêtements secs de secours. Il y a même quelques rayons de soleil. Je contourne le Höfðavatn par l'est.

    J9-10 - Háalda

    Arrivé au col, j'entrevois les fumées de Stórihver au loin. Au niveau du timing, ça va pas le faire : je vais me contenter de l'ascension du Háalda. C'est le lot de consolation. Epi l'est plus haut que le Sveinstindur et le Gjátindur. Na (1089 m).

    Impressionnant panorama du sommet du Háalda. Les entrailles de la caldeira du Landmannalaugar.

    J9-10 - Háalda

    Le Frostastaðavatn, les Veiðivötn et au fond, le Vatnajökull.

    J10 - Háalda

    Plus proche, le Höfðavatn et mon coin de bivouac de cette nuit (à droite du lac).

    J9-10 - Háalda

    La vallée de Vondugil, la laugahraun, le Brennisteinsalda que je domine.

    J9-10 - Háalda

    N'y a plus qu'à rentrer.

    J9-10 - Háalda

    Vondugil coloré, toujours.

    J9-10 - Háalda

    Obligatoire, la photo du Brennisteinsalda.

    J9-10 - Háalda

    Obligatoire aussi, la baignade à la laugar en attendant le bus de 15h.

    J9-10 - Háalda

    Grand bleu à Reykjavík. Le bus m'a laissé dans le centre-ville. Pour rejoindre le BSI et le bus de l'aéroport, petit détour vers la cathédrale, qui était en travaux en 2009.

    J9-10 - Háalda

    Epicétou.

    (Jour précédent)

    (Début du trek) 

    (2012 - Fjallabak)    (2016 - de Landmannalaugar à Skógar)

     


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