• J7 - Fögrufjöll (suite)

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    J7 - Fögrufjöll (suite)

    Ah si. Là, je me rappelle m'être fait la réflexion : "Y a plus du tout de moucherons, y a pas de vent, c'est le moment de s'arrêter déjeuner". Ben, je te l'avais dis plus haut : "détails insipides, évènements insignifiants"...

    J7 - Fögrufjöll

    J7 - Fögrufjöll

    Le vert islandais...

    J7 - Fögrufjöll

    A vrai dire, il est impossible aux capteurs CCD de nos appareils photo, comme aux pixels de nos écrans, de retranscrire l'effet luminescent, "fluorescent", des mousses islandaises. Des couleurs pas dans le manuel...

    A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
    Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
    A, noir corset velu des mouches éclatantes
    Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

    Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
    Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
    I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
    Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

    U, cycles, vibrements divins des mers virides,
    Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
    Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

    O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
    Silences traversés des Mondes et des Anges :
    - O l'Oméga, rayon violet de Tes Yeux !

    Personnellement, je me retrouve exactement ces correspondances rimbaldiennes (sauf le A, que je vois plutôt jaune), qui pourtant n'ont rien d'universel (fais l'expérience, teste-toi). Et puis parmi toutes les couleurs, le rapport au vert semble particulièrement varier d'un individu à un autre. Je décris souvent comme verts des habits que leurs propriétaires voient bleus... Il n'y a, paraît-il, pas de mot spécifique pour dire vert en japonais - ni en breton.

    Sans parler des aspects culturels. Ainsi, Lévi-Strauss note que chez les Indiens Bororo, le bleu et le vert, couleurs froides de la forêt, sont assimilés au noir. Quant au jaune et au rouge, ils forment une seule catégorie linguistique, car obtenus, pour en faire des teintures, à partir d'une même graine (l'urucu), qui oscille entre le vermillon et le jaune orangé en fonction de son degré de maturité.

    Comment les Bororo verraient-ils le vert à luminescence jaune flashy des mousses islandaises ?

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    Comme tu vois, l'esprit est disponible, pas de prise de tête ! Je me remémore l'autobiographie d'Hélène Grimaud, évoquant sa fascinante synesthésie. Voir la musique en couleur ! J'imagine le concerto de Grieg en grandes fresques taïga.

    Je continue de lac en lac.

    J7 - Fögrufjöll

    Et - j'ai failli écrire "pour finir" -, revoilà le Fagralón, le "Beau Lac"... Avec le Sveinstindur dans l'axe.

    J7 - Fögrufjöll

    Une dernière vision du Langisjór : vers le nord.

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    Une autre du Langisjór et du Sveinstindur : vers le sud.

    J7 - Fögrufjöll

    Je passe à proximité de mon ancien bivouac sous la tempête. Les seules traces qu'il en reste sont mes tas de cailloux. Plutôt que de contourner le Fagralón vers l'est comme je l'avais fait ce jour-là, je repère les balises qui montent (très raide) droit dans l'axe du lac.

    J7 - Fögrufjöll

    Il est dit que je ne connaîtrai ce passage que sous la pluie. Du coup, on arrête les photos. C'est reparti... mais avec vent du nord - soit vent arrière, et pas trop fort : c'est moins éprouvant !

    Alors que j'approche de la hutte de Sveinstindur, j'aperçois dans la dernière pente quelques points multicolores. Des gens ! Stop chrono. 52 heures de totale solitude.

    Bon, si je compte bien, il y a là 11 personnes qui me précèdent, en tenue de pluie, et qui manifestement ont le même objectif que moi : aller se sécher au refuge. Je fonce...

    Et à force de mettre le turbo, les double un par an. Prem's au refuge !

    J7 - Fögrufjöll

    Ben à vrai dire, y a du monde, déjà. Un couple de français, dans un coin ; un groupe de quatre Finlandais, aussi. Ils m'expliquent qu'ils se sont juste arrêter pour laisser passer la pluie. Ils viennent de traverser la Skaftá en tyrolienne (1 heure chacun...). Nb : strictement déconseillé !

    Y a aussi un tas de bagages qui attendent la troupe que je viens de doubler. Quand ils arrivent, j'ai déjà étalé mes affaires mouillées et ré-investis l'étage du châlit.

    Connais-tu le Wine in Tube ? Ça fait frémir, hein ? C'est la fête, au refuge, avec le groupe d'Islandais. Humm, la plâtrée de nouilles à la Sicilienne, accompagné de quelques verres de rosé tarragonais. Elle est remisée loin derrière moi, ma solitude des trois derniers jours...

    J7 - Fögrufjöll

    15 km.

    (Jour précédent) (Jour suivant)

     


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