• Les refuges de Pont d'Espagne

    Cet automne-là, mon projet n’est pas très arrêté, juste retourner dans les vallées au-dessus de Pont d’Espagne, que je ne connais qu’au printemps, et gravir un ou deux « 3000 » faciles, genre Petit Vignemale et Grande Fache. Je ressens un gros besoin de solitude pour compenser les fortes sollicitations professionnelles. A cette époque de l’année, les refuges ne sont gardés que le week-end, j’ai de bonnes chances de m’y retrouver seul ou presque seul.

    Je m’élève au-dessus de Pont D’Espagne. On est dimanche après-midi, je croise les touristes qui redescendent du lac de Gaube.

    Les refuges de Pont d'Espagne

    Au-dessus du lac, ils se font de plus en plus rares, tandis que le soir descend dans les fonds de vallées.

    Les refuges de Pont d'Espagne

    Premières visions sur la face nord du Vignemale.

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    C’est dans ce coin que j’avais été victime d’une insolation, il y a quelques années. J’avais traversé, dans la neige et en plein soleil, du refuge Wallon au refuge des Oulettes de Gaube par le col d’Arratille. Arrivé au refuge des Oulettes, j’étais à demi aveugle, j’avançais les yeux fermés en comptant mes pas d’un caillou à un autre, et je m’étais quasiment évanoui au bord du chemin. Avec le soir et le coucher du soleil j’avais pu redescendre à Pont d’Espagne me gaver de l’aspirine laissée dans ma voiture, puis remonter au refuge Wallon dans le noir. Maintenant, je n’oublie plus casquette et lunettes de soleil efficaces !

    J’arrive au refuge des Oulettes de Gaube. Ça fait longtemps que je ne croise plus personne. Petite déception, il y a un couple franco-allemand dans le refuge. Consolation : ils ont fait du feu, avec le bois laissé par le gardien, qui est parti pour la semaine. En plus ils sont bien sympas, ils me racontent Berlin, Cracovie, Prague. Deux espagnols arrivent en fin de soirée. Il ont l’air totalement HS. Ils arrivent du Vignemale. Nous nous attendons à ce qu’ils restent pour la nuit, mais non, il faut qu’ils soient en Espagne dès demain, alors ils repartent à la lueur des frontales. Nous nous partageons les dortoirs.

    Le lendemain, voilà la face nord du Vignemale dans toute sa splendeur, au soleil levant !

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    Le Petit Vignemale est à mon programme. Le couple franco-allemand redescend dans la vallée. Je m’élève vers l’hourquette d’Ossoue. Plus le chemin avance, plus on s’approche de la paroi du Vignemale, de plus en plus impressionante. Le Pique Longue :

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    Du col, vue impressionnante vers la vallée d’Ossoue et le Mont-Perdu en arrière-plan.

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    La montée vers le Petit Vignemale (3032 m) se fait sans trop d’effort dans les pierriers.

    On est très près des sommets du Vignemale, et on surplombe le glacier d’Ossoue, l’un des derniers des Pyrénées françaises.

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    Il s’agit maintenant de redescendre vers le refuge de Bayssellance (2651 m), le plus haut refuge gardé des Pyrénées.

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    Mais, tout comme les Oulettes de Gaube, il n’est pas gardé en ce moment dans la semaine. Je m’y installe tout à mon aise. Il y a l’électricité, mais pas de chauffage, sauf à mettre en route le poêle. Il n’y a pas d’eau, non plus. Je vois qu’un tuyau descend depuis le nord. Je prends mes gourdes et je me dirige vers une sorte de petit édicule que je suppose être un réservoir, après avoir contourné un petit lac dans lequel se reflètent le Mont-Perdu et la Brèche de Rolland.

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    Au-dessus du réservoir – qui est vide – le tuyau continue, et un peu plus haut, voilà la source.

    Je retourne au refuge. Entre temps, un couple d’espagnols est arrivé. Je ne serai pas non plus seul ce soir. Je bouquine, en admirant du coin de l’œil l’avancée des ombres sur le Mont-Perdu et le Taillon.

    Les refuges de Pont d'Espagne

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    Pour le lendemain, j’envisage un instant de continuer le tour du Vignemale par l’est, mais côté espagnol, il n’y a pas de refuge équipé, juste des cabanes et je n’ai pas pris de matelas. Tant pis, je reste sur mon idée de départ : regagner la vallée du Marcadau pour gravir la Grande Fache.

    Au matin, donc, demi-tour pour rejoindre la vallée de Gaube tandis que le soleil se lève sur le Vignemale.

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    Je continue à l’ouest vers le col des Mulets

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    (Suite de l'article)

     


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