Les astrophysiciens parlent de Matière Noire, intangible et invisible, pour expliquer le déficit de masse de l'univers connu. Existe-t-il un Temps Noir, tout aussi imperceptible au voyageur ? Je suis parti de chez moi à 4 heures ce matin. Une heure de voiture, cinq heures d'avion, une demi-heure de bus et deux heures de demi de train. A la gare de Finse, face au Finsevatnet ("lac de Finse") il est pourtant déjà 19 heures 30.
Un rayon de soleil éclaire le Hardangerjøkulen.
Petit flash-back : la navette de l'aéroport m'a déposé en début d'après-midi à la gare routière de Bergen, en plein centre-ville et surtout à deux pas d'un grand centre commercial où je trouve très vite l'Intersport et une bouteille de gaz. (En fait il m'a fallu tourner un moment avant de me rappeler que le level 2 était au premier étage, mais bon c'est quand même la QBG la plus rapide du monde).
La gare ferroviaire n'est qu'à 400 m. Le train vers Oslo longe un fjord, monte lentement à travers forêts de conifères, forêts de bouleaux et enfin toundra d'altitude et me dépose à 1200 m. Il y a une petite zone d'interdiction du camping autour de la gare de Finse. Je m'écarte en suivant vers l'ouest l'ancienne voie ferrée (qu'un tunnel a remplacé).
Il y a plein de petites baraques en bois disséminées au bord du Finsevatnet, résidences secondaires apparemment encore vides en ce début d'été.
Il est temps de m'arrêter. Un coin de mousse me tend les bras. Je frappe à la porte de la cabane la plus proche. Personne ne répond. Sans remord, j'installe mon bivouac.
Les escadrons de mosquitos sont de sortie ce soir, et m'assaillent depuis que je me suis posé. Tant pis je me réfugie dans la tente afin de ranger tout mon barda. La journée fut longue, c'est vrai, mais je suis à pied d'œuvre pour demain !
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