Pour m'ouvrir un maximum d'options, je me lève de bonne heure - pas de condensation, à ce bivouac à 1260 m au seuil de l'hiver, va savoir pourquoi. J'ai décidé... de ne rien décider.
Juste en-dessous, le Mont-Dore se réveille. Lentement : premier week-end confiné.
Je traverse les lotissements au flanc du Puy Gros, hésite sur la route à prendre, pour éviter les mauvaises rencontres..., choisis de passer de suite le ruisseau. Que dis-je le ruisseau ? La rivière ! Le fleuve ! C'est la Dordogne ! S'il te vient l'envie de la traverser à gué, c'est ici !
Je suis le fléchage du GR4, passe à côté de la gare désaffectée, m'approche d'immeubles à l'architecture familière - la gendarmerie. Oups, pas encore temps d'aller leur faire un coucou, marche arrière, passage plus à l'est. A marche forcée je rejoins ma voiture, laissée sur la place de la gare routière.
Décision !
Le projet initial prévoyait un grand tour du Sancy, par la Fontaine Salée et Chaudefour. Mais je commence à me sentir mal à l'aise, dans ma liberté contrainte/opportuniste. Il est temps de rejoindre l'armée des confinés.
Walking round, walking round the room, comme dirait... la Police !
Mais pas avant d'avoir compléter ma traversée des Puys ! Je m'autorise une dernière étape. Je dépose la tente, tout le barda, charge à la place dans le sac les raquettes, à tout hasard. 200 mètres de traversée subreptice du village, me voilà caché par les maisons dans la pente qui rejoint les crêtes de l'est.
Passage à la Grande Cascade, photogénique à souhait.
Depuis la Tête de Flon, coup d’œil vers les sommets d'hier, Banne d'Ordanche, Puy Gros, Puy de l'Aiguiller.
Et devant, toute la crête du Puy de Sancy.
Une jolie formation d'orgues basaltiques, pour rappeler qu'on est quand même sur un volcan !
Le Puy de la Védrine (alternative à mon trajet par le Puy Gros), la chaîne des Puys, dont le Puy de Dôme qui paraît maintenant bien loin.
De le neige sur les pentes du Puy des Crebasses et du Puy de Cacadogne, mais pas besoin de sortir les raquettes.
En dessous, la vallée de Chamechaude. Deux randonneurs en remontent, skis sur le dos. Ils arrivent de Chambon, me disent-ils, mais n'ont pas trop envie de taper la discute.
Le Puy de Sancy se rapproche.
Et le Puy Ferrand.
Et puis l'envie, la motivation tombent d'un coup. Je décide d'en rester là. "L'arête n'était pas en condition." J'ai toujours rêvé de pouvoir dire/écrire ça !
Je dévale les pistes. La Rouge de Gauthier de Tessières, pour ceux qui connaissent.
Un au-revoir au Puy de Sancy, qui a été ma balise durant toute la semaine.
18,4 km, +1100 m, -1400 m.
Au total depuis la gare de Volvic, 96,2 km, +4700 m, -4400 m.
Avant de traverser la France, le petit coucou, comme prévu, à la gendarmerie, pour expliquer ma situation. Très compréhensifs (eh, c'est un GHM : la montagne c'est dans leur gènes autant que dans les miens !), les gendarmes m'aident à remplir ma toute toute première... attestation dérogatoire !
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