• J2 - Torfajökull

    (Jour précédent)

    Départ de bonne heure : 7h30, après un levé à 6h00. J’ai remarqué – cru remarquer – qu’en général il ne pleut pas avant midi. Alors tant qu’à faire, je suis plus ou moins resté à l’heure française. La nuit n’est pas un problème : le soleil ne se couche qu’entre minuit et cinq heures, avec au maximum deux heures d’obscurité.

    J’emprunte d’abord le chemin qui mène aux fameuses Roches Bleues de Sveinsgil.

    J2 - Torfajökull

    Pour rappel, pour rejoindre les Roches Bleues de Sveinsgil, il suffit de remonter cette crête, puis de bifurquer à gauche dès qu’il y a moyen de traverser le canyon de la Hvítarfoss (facile) puis de rejoindre le flanc de la Jökulgil.

    Mais le but n’est pas de réitérer le parcours de 2012. Coup d’œil en arrière : la crête de Hnausar et en arrière-plan le Hattur.

    J2 - Torfajökull

    Je remonte le canyon vers le Torfajökull. Je veux rejoindre la vallée de la Syðri-Ofaera en shuntant le plus directement possible.

    J2 - Torfajökull

    Je me rends bien vite compte à quel point ma carte est fausse, dans sa description du relief à la base du Torfajökull – probablement du fait du recul du glacier. Bref, les molles lignes de dénivellation de la carte sont en fait un enchevêtrement de ravins balaises. Si ça passe, ce n’est en tout cas pas mon style… Marche arrière.

    J2 - Torfajökull

    Autre tentative un peu plus à l’est. Un chemin marqué, mais que je soupçonne n’être qu’une trace de mouton. Et qui se termine comme attendu au-dessus d'une falaise. Encore plus à l’est – ben c’est le chemin des Roches Bleues – et ces vues spectaculaires sur la Jökulgil (Þrengli).

    J2 - Torfajökull

    J2 - Torfajökull

    Enfin une ouverture : un ravin accessible qui descend assez tranquillement vers Sveinsgil (la branche ouest de Sveinsgil, précisément).

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    Descendre le torrent vers les Roches Bleues, puis remonter l'autre branche de Sveinsgil serait une option.

    (A mon retour, j’apprends qu’un accident mortel a eu lieu dans Sveinsgil un mois plus tôt. D’après les photos, je suppose que ça s’est passé en aval des Roches Bleues. Les randonneurs sont tombés à la baille avec la corniche de neige qui s’est effondrée tandis qu’ils traversaient la rivière sur un névé. Ce qui explique la nervosité des hélicos d’hier… Épouvantable drame, qui démontre le danger des ponts de neige. L’accès le plus sûr aux Roches Bleues reste celui des crêtes – hormis grand vent évidemment.)

    Toujours en veine d’exploration, je choisis de partir vers l’amont. Et me casse les dents sur le torrent qui bloque la route.

    Un gros moment d’hésitation parce que je me rends bien compte que la sortie par le haut du vallon n’a rien d’évident – en fait j’ai même bien peur qu’elle rejoigne le bas du Torfajökull, dans les ravins qui m'ont bloqué tout à l’heure. Une bonne paire de claques et allez je me lance, traverse à gué le torrent.

    J2 - Torfajökull

    Pari gagnant – pour un temps : juste un peu plus haut les pentes vers les crêtes de l’est s’avèrent praticables.

    J2 - Torfajökull

    J’émerge donc sur un sommet. Next : c'est bon. Une pente de terre et de névé pas trop raide donne accès à un col, le haut de la branche est de Sveinsgil.

    J2 - Torfajökull

    Depuis ces pentes, les Roches Bleues me font un clin d’œil fardé...

    J2 - Torfajökull

    Marrant comme elles sont d’un bleu sombre, sous ce ciel chargé, alors qu’elles apparaissaient bien plus claires en 2012. (Et en vérité, tandis que j'écris ce compte-rendu, j'en ai un morceau sous les yeux, sur mon bureau ; il est sec et clair, je le garantis !)

    Le col, comme je m‘y attendais, donne un accès facile au pied du Torfajökull. Passé !

    J2 - Torfajökull

    Je suis enchanté par toute cette explo. Alors pourquoi ne pas prolonger ce moment, et se donner le temps d’inspecter toute cette zone mal cartographiée ?

    12h30 ! Je plante la tente !

    J2 - Torfajökull

    Et puis flûte, il se met à pleuvoir… Pluie continue pendant 7 heures…

    Pas d'explo, donc. Je profite du moment pour un bon rangement du sac, notamment de la nourriture. Mes 20 lyos en plats salés - moitié riz moitié pâtes, avec les exceptions d'un couscous, de pommes de terre et d'un chili. Mes 10 lyos desserts. Mes 500 g de beurre. Mon kilo de noix de cajou. Mes sachets de thé vert citron gingembre. Mes krisprolls : la nouveauté ! Soigner les petits déjeuners et le moral matinal !

    Je ré-émerge de la tente après dîner. J’essaye de m’approcher un peu de la glace, sans trop de succès.

    Point de vue sur le fond de vallée où s’accumule un peu d’eau de fonte. Toute cette zone encore récemment occupée par le glacier est typique, avec ses moutonnements de roches gélives et ses accumulations morainiques. On se croirait en Sibérie, à contempler l'effet du réchauffement climatique sur les anciens permafrosts.

    J2 - Torfajökull

    Puis je descends prendre quelques clichés des lacs au pied du Torfajökull.

    J2 - Torfajökull

    Tout s’assombrit. Retour à la tente.

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  • Commentaires

    1
    manatee49ch
    Lundi 1er Mai à 13:59

    Je viens de découvrir votre site, et je vais prendre le temps de le décortiquer. Le texte est plein d'humour et le descriptif très précis, donne des envies.

    Avant de partir pour un second voyage dans ce pays (le premier en 2014), j'avais parcouru les résumés de Bigfoot et cela m'a permis de découvrir deux sites, Sveinsgil et Rauðafoss. Voici un petit compte rendu de mon trek vers Sveinsgil (éventuellement des photos à votre disposition):

    Le 30 juillet 2016, je suis parvenu aux Montagnes Bleues, bien que n'étant pas un grand randonneur ! Mais, après coup, il faut que j'avoue que c'est un peu de l'imprudence, voir de l'inconscience (à 67 ans, seul et sans moyen de communication !!!). Je suis parti de la F208 sud, à environ 9 kilomètres du camping de Landmannalaugar. Après avoir traversé un petit plateau au bord de cette piste, je suis monté, sur un névé, au pied nord du Kirkjufell. Arrivé au sommet du col, j'ai pu voir les rivières Jokulgil et Sveinsgil. Cheminement ensuite, par monts et par vaux, jusqu'à l'endroit où je pensais trouver les Montagnes. Erreur. J'ai encore dû passer entre deux montagnes en suivant et traversant (9 fois) la rivière Sveinsgil. Après 2h30 de marche, j'ai atteint le graal ! Idem pour le retour. Total de la balade 5h30 plus une heure sur le site.

    Pour moi, malheureusement, l'âge avance et il est difficile de dormir sous tente. Mes deux voyages ont été faits avec mon véhicule (depuis la Suisse), et les balades ne durent que quelques heures. Grace à des trekkeurs (sympatiquement allumés) comme Bigfoot et vous, de passionnants résumés nous sont offerts et des photos... Whaoua !!! De quoi me faire regretter mes 68 balais !

    Merci et bonnes nouvelles découvertes.

      • Lundi 1er Mai à 18:13

        Merci ! En espérant être capable d'en faire autant : il n'y a donc pas d'âge pour être "allumé" !

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