• Pays du Mont-Blanc

     Mont-Blanc

    Quelques articles sur les nombreuses randonnées que j'ai effectuées dans la vallée de Chamonix et les vallées attenantes.

  • Ça fait presque 5 ans que j'ai mis en ligne une première étude photographique témoignant du recul du glacier des Bossons (c'est là !).

    On en était resté sur cette photo de l'hiver 2012.

    Le recul du glacier des Bossons

    Le recul semble s'être stabilisé, comme on le voit sur les photos suivantes :

    Les Bossons 2013

    Les Bossons 2014

    Le bout de la langue glaciaire se maintient dans un équilibre précaire, dans une pente forte. S'en approcher devient très dangereux : des chutes de glace conséquentes peuvent survenir.

    La photo suivante, je l'ai trouvée sur Internet. Ainsi, en juin 2015, a eu lieu cette avalanche de séracs de plus de 100 000 m3, qui atteint le rocher où je photographie habituellement mes enfants...

    Les Bossons 2012-2017

    Voilà le lien du site, très documenté, où j'ai trouvé cette photo.

    Je reprends les photos hivernales :

    Les Bossons 2012-2017

    Les Bossons 2017

    Compare à 2012 : pas tellement de différence au niveau du glacier. Pas de recul comparable aux 2 sinistres périodes de 1990-1993 et de 2009-2012.

    Pour mémoire, la photo de 1990 :

    Le recul du glacier des Bossons

    Frappante est également l'évolution de la combe.

    Dans mon enfance, je m'amusais à faire des barrages, à dévier les filets d'eau au pied du glacier. Ça ressemblait à ça :

    (1984)

    Les Bossons 1984

    Les avalanches, l'impact beaucoup plus violent du torrent, l'érosion des pentes, tout concourt à changer en profondeur l'aspect du vallon.

    1999 :

    Les Bossons 2012-2017

    Ce gros rocher est en fait tombé au printemps 1997.

    Le même en 2007 :

    Les Bossons 2012-2017

    Qu'est-ce que la végétation a poussé, sur les pentes abandonnées par le glacier ! Quant au rocher, il commence à s'enfoncer.

    2012 :

    Les Bossons 2012-2017

    Certes, c'est une photo hivernale.

    2016 :

    Les Bossons 2012-2017

    J'aurais bien mis la photo de 2017, mais en fait, on n'a tout simplement pas retrouvé le rocher, avalé par le sol et caché par la neige...

    Mes enfants ont encore eu le privilège de jouer aux barrages. Maintenant, le torrent de fonte, qui vient de bien plus haut, a pris de la force et s'est creusé. Le terrain de jeu a disparu.

     


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  • La thématique du jour consiste simplement à remonter la Mer Glace de haut en bas. Pas directement, je n'imagine pas que ce soit possible (quoique... Faudrait peut-être aller voir) - mais en tout cas depuis la vallée, sans utiliser le train du Montenvers.

    Le chemin part donc des Bois de Chamonix, au niveau du pont qui traverse l'Arveyron à proximité de l'héliport (le fameux qu'on voit dans tous les documentaires sur le secours en montagne).

    La Mer de Glace

    Progression en sous-bois très sympathique, à l'abri du soleil, jusqu'à approcher des Rochers des Mottets.

    La Mer de Glace

    Finalement, la Mer de Glace ou plutôt son fond de vallée n'est pas visible avant d'arriver à la buvette des Mottets. Dire que vers 1850, la glace atteignait ce niveau... avant de se retirer "définitivement" dans sa cuvette vers 1920.

    Difficile de dire où en est exactement le pied du glacier. Depuis la buvette les 2 petits lacs qui sont apparus dans la moraine terminale vers la fin des années 90 ne sont pas visibles - pour autant qu'ils existent encore.

    La Mer de Glace

    De façon assez décevante, le chemin des Mottets n'accorde pas de point de vue sur le glacier. Avis au Syndicat d'Initiative : un sentier en balcon serait une belle idée ! Enfin, la Mer de Glace réapparaît, mais on est déjà presque au Montenvers.

    La Mer de Glace

    On atteint d'ailleurs très rapidement le petit téléphérique de la grotte de glace, on passe en contre-bas du Montevers et on continue vers les échelles.

    Misère... Comme la glace paraît loin. Je n'étais pas venu là depuis 2006 (9 ans...), lors de ma rando au Refuge du Requin. Apparemment, à ce niveau du glacier, la perte d’épaisseur est de 4-5 m par an. 40 mètres de perdus. C'est un vrai choc, encore plus que la fonte du glacier des Bossons, que j'ai vu reculer lentement.

    Dans ce contexte la descente des échelles est presque angoissante. La première série, je l'ai toujours connue, mais quand je les descendais dans les années 80-90, il n'y avait plus alors que quelques mètres de moraines à dévaler pour rejoindre la glace...

    La Mer de Glace

    Prendre le temps de souffler avant de continuer. En face, le pilier sud-ouest des Drus.

    La Mer de Glace

    Deuxième série d'échelles, qu'il faut d'abord rejoindre en progressant le long d'une main courante et les pieds sur les broches installées le long d'une vire. Aérien, mais techniquement facile.

    La Mer de Glace

    (Qu'on ne s'y trompe pas : ces photos ne présentent que la deuxième série d'échelles.)

    La Mer de Glace

    Honnêtement, ça fait beaucoup d'échelles... Déconseillé formellement aux personnes ressentant le vertige, ou n'ayant pas le pied sûr, ou encore peu entraînées - sauf à s'encorder, ce que certains alpinistes font, d'ailleurs.

    Restent quelques mètres de moraine et j'arrive à la glace. Autre grosse différence avec "avant"... il n'y a plus ce chaos de crevasses : les premiers pas sur le glacier étaient parfois coton, voire nécessitaient des crampons ; ça n'est plus le cas.

    La Mer de Glace

    C'est déjà l'heure du déjeuner. Je m'installe au pied d'un énorme rocher. Il serait amusant de le rechercher sur d'anciennes photos pour voir sa vitesse d'avancement.

    La Mer de Glace

    La Mer de Glace semble se subdiviser en 2 parties, coupée longitudinalement par une bédière. Craignant d'être coincé du mauvais côté (je veux rester sur le flanc Aiguille Verte), je m'arrange pour la traverser avant que sa pente ne se creuse.

    La Mer de Glace

    La Mer de Glace

    La photo suivante est sur un point de vue assez comparable à la première de l'article du refuge du Requin. Je la mets pour comparaison de la hauteur de la moraine sous les Drus. Je suis perplexe sur la façon de rejoindre le refuge de la Charpoua.

    La Mer de Glace

    Je continue la montée en restant au milieu de la Mer de Glace, jusqu'à la jonction (où elle perd son nom) du glacier de Leschaux et du glacier du Tacul.

    Je stoppe, bloqué par les crevasses qui se forment vers le Tacul. Au fond, les séracs du Géant, la Tour Ronde et l'arête de la Brenva qui remonte à droite vers le Mont Maudit et le Mont-Blanc.

    La Mer de Glace

    Mon intention première était de continuer vers Leschaux et les Grands Jorasses, mais la moraine intermédiaire s'est au fil des années transformée en un gros tas de cailloux peu passionnant. Je renonce et redescend en contournant cette fois-ci la bédière par la rive gauche.

    La Mer de Glace

    Le soleil a tourné ; on distingue mieux la face nord des Grandes Jorasses enneigée par l'orage d'avant-hier.

    La Mer de Glace

    Je rejoins les échelles. Les remonter est athlétique mais c'est moins impressionnant que dans l'autre sens...

    Descente par le même chemin, sous l'Aiguille Verte et l'imposante paroi morainique qui s'est créée sous le glacier du Nant Blanc.

    La Mer de Glace


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  • La gageure est de traverser le massif des Aiguilles Rouges de gare à gare. Avec passage au Brévent et au col de Salenton.

    Me voilà donc en gare des Houches. Il est plus ou moins 10h30. pas très matinal...

    Les Houches - Le Buet

    Le début du trek monte tranquillement en forêt ombragée.

    Les Houches - Le Buet

    Je longe la statue du Christ-Roi. Je dirais bien le Kitch-Roi, bon... Je vous laisse juge : monumental ouvrage de béton armé de 25 m construit en 1934. Un prêtre est en train de donner la messe. M'attarde pas...

    Je continue à m'élever, contourne le parc des Merlets. Les arbres se font rares, et ce sont les premières ouvertures vers le Mont-Blanc.

    Les Houches - Le Buet

    Cagnard éprouvant sur le chemin de Bel-Lachat.

    Les Houches - Le Buet

    J'avais croisé quelques bouquetins au printemps sur cette route, mais là il fait trop chaud, ils doivent être plus haut.

    Au refuge de Bel-Lachat, pas d'eau : "Notre source se tarit". Zut, j'avais compté dessus. Derrière le mat des parapentistes, l'Aiguille Verte, qu'on reverra sous un autre angle en fin de rando.

    Les Houches - Le Buet

    On continue vers le Brévent, première pointe sud des Aiguilles Rouges.

    Les Houches - Le Buet

    Toute cette zone est une réserve naturelle, longtemps convoitée par les promoteurs de domaine skiable... On longe le Lac du Brévent, avec les Roches des Fiz en arrière-plan.

    Les Houches - Le Buet

    Et voilà le sommet, 2561 m. Pas d'eau là non plus mais je m'y attendais.

    Les Houches - Le Buet

    Panorama "imprenable" du haut du Brévent, qui justifie bien pour les touristes de la vallée une montée en téléphérique.

    Le Mont-Blanc, bien sûr.

    Les Houches - Le Buet

    Au nord, la suite des Aiguilles Rouges, petit massif granitique qu'on va longer et le Mont-Buet, motte de calcaire charriée et posée par dessus le granite. Y grimper demain ? Je ne sais pas.

    Les Houches - Le Buet

    La descente vers le col du Brévent est particulièrement minérale et austère ; belle ambiance.

    Les Houches - Le Buet

    Et juste quelques mètres après le col, les bouquetins : une maman avec son petit de l'année et celui de l'année dernière.

    Les Houches - Le Buet

    Descente dans la vallée de la Diosaz, vers la partie la plus sauvage du massif.

    Les Houches - Le Buet

    Je suis de plus en plus préoccupé par le manque d'eau. Il m'en faut pour mon lyophilisé du soir, et je me sens de plus en plus déshydraté. Les petits ruisseaux qui en principe coulent sur ce versant vers le barrage  de la Bajulaz sont à sec.

    Enfin, en voilà un encore en eau. Ouf. Probablement l'exutoire du Lac Cornu.

    J’arrive au pont d'Arlevé, au fond de la vallée, qui permet de traverser la Diosaz. J'imaginais pouvoir remonter en rive droite orographique du torrent, mais il n'y a pas de chemin, pas de trace, et je n'ai pas vraiment la forme pour crapahuter dans la végétation. Et puis il est déjà 18h.

    Les Houches - Le Buet

    Tant pis, je vais rester sur le chemin vers les chalets de Moëde et m'élever un peu afin de réduire le dénivelé de demain.

    Petite énigme : qu'est-ce que c'est ?

    Les Houches - Le Buet

    La réponse plus bas...

    Bon, j'installe le bivouac un peu après la Tête de Jeubon. Petite écharpe de rose sur l'Aiguille du Belvédère : il fera beau cette nuit - malgré les quelques nuages qui devraient vite se dissiper, enfin j'espère !

    Les Houches - Le Buet

    Deux étoiles filantes et quatre satellites plus tard, je m'endors. (Un des satellites clignotait... J'en ai déduit qu'il tournait sur lui-même et présentait successivement au soleil une face sombre et une face réfléchissante ?)

    La réponse de l'énigme de tout à l'heure : un fruit (plus précisément une involucre) de centaurée alpestre.

    Les Houches - Le Buet

    (Suite de l'article)


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