• Larzac méridional 2013

     Larzac méridional 2013

    De Saint-Guilhem du Désert aux Gorges de la Vis, par le Cirque de Navacelles, un trek de 3 jours 1/2 sous le soleil du midi - de quoi se changer les idées après les rudesses islandaises.

  • Le retour d'Islande a été pénible, déprimant. Pour plein de raisons, dont la moindre n'est pas cette impression de vide qui vous envahit lorsque vous arrivez au bout d'un projet. Un projet qui vous a accompagné, accaparé, qui vous a rendu sourd et paradoxalement vulnérable au monde extérieur pendant presque 6 mois.

    Alors pas de prise de tête cette fois-ci, pas de rêve partagé avec une éphémère et décevante Nahandove. Un créneau de quelques jours, le soleil qui s'annonce, quelques clics sur Internet. C'est parti.

    Traversée de la France, 10 heures dans la bulle : boite auto, GPS, régulateur. Pour un peu on s'effondrerait sur la banquette arrière et on laisserait à l'ordinateur de bord le soin de la téléportation. On se redresse brusquement. Qu'est-ce que c'est que ça, on l'avait vu à la télé, on le voit pour de vrai : le fantastique viaduc de Millau.

    Millau

    1er bivouac, un coin tranquille à 10 mn de Saint-Guilhem, une petite église isolée, perdue au milieu des oliviers et dans les saveurs du thym sauvage.

    Jour 1 : De Saint Guilhem à la Barre

    Le soleil affalé, le silence s'installe quelques instants puis brutalement c'est un extraordinaire vacarme au fond du vallon. Il y a un filet d'eau, une petite mare et quelques grenouilles qui coassent à coeur-joie. Sans parler des grillons (à moins qu'il s'agisse d'hélicoptères ?) qui vrombissent, heureusement à plus de 100 m de la tente.

    Jour 1 : De Saint Guilhem à la Barre

    Popote du soir - je vous fais grâce de la litanie des lyo, cette fois-ci. MX3, Mountain House et Travellunch ne sponsorisent pas mon blog. Dodo.

    Au matin, tandis que je savoure un vrai petit déjeuner - la manne du coffre de ma voiture - voilà qu'un cycliste surgit de la garrigue.

    Ecoutez, qu'il me dit. Pause. Vous entendez cet oiseau ? Pause. Ça veut dire qu'il va pleuvoir.

    Ah bon !? je réponds (cause toujours : la météo annonce 4 jours de beau).

    C'est un berger qui m'a appris ça. Pause. Mais la pluie n'est pas pour tout de suite. Pause. Dans 3 jours.

    Et il s'en va.

    Jour 1 : De Saint Guilhem à la Barre

    Un coup d'oeil en passant au Pont du Diable, je gare la voiture à Saint-Guilhem, fais le plein d'eau et zou, c'est parti.

    Jour 1 : De Saint Guilhem à la Barre

    Tout de suite, ça grimpe dur. La route du Cirque de l'Infernet est une vraie oeuvre d'art, elle date du moyen-âge : c'est un des chemins de Compostelle.

    Jour 1 : De Saint Guilhem à la Barre

    On se dirige en plein vers le fond du Cirque, on se demande bien comment on va le franchir.

    On s'élève, on s'élève.

    Jour 1 : De Saint Guilhem à la Barre

    Me voilà aux Fenestrelles. De quand précisemment date cet ouvrage invraisemblable, qui a priori n'a été construit qu'à seule fin de supporter le passage des pélerins de Saint Jacques ?

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    Jour 1 : De Saint Guilhem à la Barre

    Le chemin continue dans la garrigue. Petite pause pour reprendre mon souffle. Le sac pèse lourd : craignant la chaleur et la sécheresse, j'ai fait le plein d'eau, près de 5 litres, ce qui est idiot puisque je vais passer dans un village dans l'après-midi. Du coup, je dois bien porter près de 18 kg.

    Une vipère s'échappe quasiment entre mes jambes. Elle ne me laisse pas le temps de la prendre en photo.

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    Je recommence à grimper, vers le point culminant de mon trek, le Mont Saint Baudille, 848 m.

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    Une bande de lycéens squatte la table d'orientation avec leur prof de géologie. Il leur détaille le paysage, le lac du Salagou et ses épanchements volcaniques.

    Descente vers les causses.

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    La suite est un peu moins sympa. L'ancien chemin est coupé par des barbelés, les randonneurs sont déviés sur le chemin des VTT. Chemin large et poussiéreux, avec de part et d'autre une clôture électrique. Pas même moyen d'aller s'abriter quelques minutes sous un arbre. De l'autre côté de la clôture (mais qui est in qui est out ?), quelques ânes.

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    Ouf, finie la piste cyclable. Comme la végétation n'est pas très dense, je tente un petit raccourci hors sentier, saute 2-3 clôtures (pas électrifiées... elles me font peur), passe à côté d'une sympathique bergerie (Tédenat).

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    Et me voilà au village de la Vacquerie. J'ai une adresse, un vigneron, fournisseur et ami d'un copain marchand de vin. Un spot pour refaire de l'eau et heu..

    http://www.mashautbuis.com/

    Ben zut, il n'est pas là. Mais sa compagne, Géraldine me reçoit avec gentillesse. On écluse 2 godets chacun (appellation Terrasses du Larzac) et je reprends la route. La vache ! Sous le soleil, le vin n'est pas l'ami du randonneur... Je trimbale tant bien que mal mes 18 kgs vers le hameau de la Barre, au travers d'une route sans grand intérêt et c'est tant mieux car je n'aurais pas été en état de l'apprécier.

    Re-voilà la garrigue, chuis crevé, je m'arrête avant de trop monter et que le terrain ne se prête plus au bivouac.

    Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

     Jour 1 : Saint Guilhem - la Barre

    Gros dodo, pas de bruits de bête ce soir...

    (Jour suivant)

     


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  • Je paresse un peu, au matin du 2ème jour, il est déjà 10h15 quand je démarre. J'arrive rapidement au hameau des Besses. "Les meilleurs agneaux du monde", m'a dit Géraldine. "Ce sont des amis, ils vous préteront un coin de pelouse pour planter la tente".

    L'agneau des Besses
    Producteurs d'agneaux
    Béatrice Herrero
    dir. St Maurice Navacelles
    34520 Les Besses
    Tél : 04 67 44 69 74 - 06 87 69 98 47

    Ben comme j'ai campé avant d'y arriver, et que je ne vais pas demander à goûter leur gigot, je ne m'arrête pas. Le chemin que je veux emprunter est au coin d'une maison, flanqué d'un portail et d'un panneau "chemin privé". Je n'ai pas tellement d'autre solution, alors j'y vais au culot, soulève le loquet, passe dignement sous les fenêtres et continue ma route à grands pas décidés.

    Jour 2 : les gorges de la Vis

    Belle bergerie : Jasse Nove.

    Jour 2 : les gorges de la Vis

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    J'adore les fleurs vertes, pas vous ? Elles partent avec un handicap, en quelque sorte (sauf les vertes fluo, eh eh, comprenne qui pourra). Ça m'émeut. Sensitive kind...

    J'ai envie de partir un peu à l'aventure, alors je lâche l'itinéraire que j'avais prévu après cette fermette et surtout ce joli abreuvoir proche du lieu-dit Viala.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Je m'enfonce dans la garrigue, passe à proximité d'une ruine, une ambiance à la Giono (il faut lire "Colline", son premier roman).

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Mon hors-piste me rapproche peu à peu des Gorges.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Cette fois-ci je n'ai pas le choix, il faut me faufiler sous une cloture électrique (probablement désaffectée ; quelqu'un veut essayer ?) pour rejoindre le chemin qui descend dans un talweg vers Vissec.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Vissec ! Là où la Vis est à sec !

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Je ne passe pas au village. J'ai décidé de faire le plein d'eau à la résurgence, sur la foi de ce que m'a dit Géraldine : la Vis serait potable jusqu'à Navacelles (nostagie de l'Islande où je m'abreuvais au premier torrent venu...).

    Le chemin passe en terrasse en suivant les méandres secs puis descend lentement vers le fond des Gorges pour rejoindre le Moulin de la Foux où surgit enfin la Vis en bouillonnant.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Me revoilà chargé à bloc, je continue à suivre les méandres vers Navacelles.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Navacelles... Un petit tour pour admirer le pont médiéval.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    La magie du site, c'est ce Cirque et sa colline centrale qu'a créé la Vis en coupant un méandre. Sur Google vous trouverez le célèbre point de vue depuis le belvédère du plateau sud. Mon chemin est moins spectaculaire, mais s'élève quand même un peu et permet une jolie photo depuis le bout du méandre suivant :

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Le chemin s'est de nouveau élevé. Un peu plus bas, le canal d'alimentation de la centrale hydroélectrique de Madières suit les méandres, tantôt à ciel ouvert, tantôt en tunnel. (A droite sur la 2ème photo ci-dessous).

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Il se fait tard, les épaules souffrent mais je me demande bien où je vais bivouaquer...  Eboulis à droite, éboulis à gauche... Reste la possibilité d'étendre le matelas autogonflant directement sur le chemin. Je m'arrête un moment pour me reposer en bouquinant, puis je repars. Je me laisse jusqu' 19 heures.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Maintenant le chemin a rejoint le canal. Il s'est transformé en route carrossable, et toujours sans vraie possibilité de bivouaquer, hormis dans quelques élargissements peu attrayants car transformés en quasi-chantiers par le service d'entretien du canal.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Et puis voilà que le chemin se remet à descendre. Juste à l'heure de la popote, un bosquet et un replat apparaissent. Je m'enfonce de quelques mètres dans la végétation et installe la tente. Ouf !

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

    Concert ce soir : deux chats-huants se répondent - houhou houuuuuu houhou, c'est magique.

    Encore une de mes gentilles copines fleurs vertes pour finir.

    Jour 2 : les Gorges de la Vis

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  • Réveil à peine plus tôt qu'hier, départ vers 9h30.

    En inspectant mon GPS, je me suis aperçu que j'étais rendu presque à mon point de sortie des Gorges, donc pas loin de St Maurice de Navacelles, où je vais faire le plein d'eau pour les 2 jours qui suivent. Ça m'ennuie, je vais ravitailler avant de déjeuner, près d'1/2 litre de perdu.

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Très vite, effectivement, j'arrive à l'intersection et prends le chemin qui monte en lacets.

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Progressivement je retrouve le paysage des causses.

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Encore 20 minutes de marche et j'entre dans St Maurice. Sur la place du village, une fontaine d'eau potable en fonte à côté d'un banc. Je m'installe, enlève mes chaussures pour un agréable bain de pieds. J'aurais bien approfondi le bain, mais la présence des 2 villageoises qui m'observent de l'autre bout de la place me perturbe un peu...

    Un balisage GR et une flèche "Rancas", parfait, c'est ma destination. A la sortie du village, un petit vieux me confirme : Rancas c'est par là, vous tournez à gauche et vous entrez dans les montagnes. Je range la carte et j'entre...

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Le chemin rejoint une petite route goudronnée, détail du parcours que j'avais en tête. Par la droite, ça, ça aurait dû m'alerter ; puis à l'entrée d'un village, le chemin balisé part en contournement vers le nord-est. Peu à peu la végétation devient plus dense ; peut-être est-ce la différence entre le maquis et la garrigue ?

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Je m'arrête pour déjeuner, installe succinctement la tente pour la faire bien sècher au soleil. Je repars. Toujours le soleil dans le dos, midi passé, ça m'intrigue, je suis moins sûr de moi, je ralentis, je stoppe. Coup d'oeil au GPS. Coordonnée 4851. Report sur la carte. Je suis 2.5 km plus au sud que prévu...

    Grrr. Se perdre avec la carte et le GPS... Les balisages, c'est comme les (remplissez les pointillés) : jamais trop se (con)fier !

    Conseil de guerre tout seul. Si je continue, je retrouve mon chemin (et ce fameux Rancas ; eh oui, y a 2 routes qui y mènent...), mais j'aurai 2 grosses heures de retard et je serai encore dans les hauteurs au moment du bivouac. Si je retourne au village (qui s'avère être le Mas de Gay), je rate la forêt et le Cirque de la Séranne. Le maquis est trop dense pour partir en hors-piste. Compromis : la carte indique un chemin non balisé qui va me rapprocher des crêtes au-dessus de la Séranne.

    Demi-tour (c'est très irritant). Retour au Mas de Gay puis passage au Coulet.

    Jours 3/4 : St Maurice-St Guilhem

    Au moins le paysage reste magnifique.

    Jour 3 : St Maurice-Séranne

    Jour 3 : St Maurice-Séranne

    Je passe à proximité de la mare du Goutal, accueilli par les coassements des grenouilles.

    Jour 3 : St Maurice-Séranne

    Restent 200 m de maquis à traverser (s'agit plutôt de s'extirper ; bonjour les coupures aux mollets et aux bras...) pour rejoindre le GR, puis le bord de la crête au-dessus du Cirque de la Séranne.

    Jour 3 : St Maurice-Séranne

    Avec tout ça, le temps a passé. Il faudrait commencer à penser au site de bivouac, mais je suis encore en plein plateau calcaire.

    Jour 3 : St Maurice-Séranne

    D'après la carte, je passe à proximité d'un menhir. Bon, je ne prends pas le temps de chercher. Plus loin, de nouveaux coassements me permettent de trouver deux beaux abreuvoirs taillés dans le calcaire.

    Jour 3 : St Maurice-Séranne

    Encore 1/2 heure et le chemin descend. Je passe à côté du Mas Aubert et un peu plus bas trouve un petit espace un peu plat et pas trop caillouteux où installer la tente.

    Jour 3 : St Maurice-Séranne

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